Clip Clap – La sélection de nos clips préférés #30

Regulièrement, Kiblind donne la parole à l’artiste derrière l’artiste : l’illustrateur.rice et / ou animateur·rice chargé·e de retranscrire la musique en images. Retrouvez nos clips musicaux animés préférés décryptés par celles et ceux qui les ont fabriqués.

FANTASTIC MISTER ZGUY – M’en aller

Illustration + animation : Albane Chaumet

Salut Albane ! Le clip de « M’en aller » est très artisanal puisqu’il a été réalisé à partir de papiers peints, découpés puis animés à la main. Peux-tu nous détailler ce procédé très fastidieux ?

En animation, il est rare que les projets ne le soient pas, mais animer du papier découpé, c’est particulièrement laborieux. Comme je voulais avoir la maîtrise de mes matières et mes couleurs, j’ai décidé de peindre tous les papiers. Le projet a donc démarré par une longue phase de peinture. Puis il y a eu la fabrication des pantins et des décors à partir de toutes les textures préparées. Ensuite, ces éléments ont pris vie lors du tournage pour lequel nous avons fait construire un banc titre. Pour l’animation, je me suis faite aider par Aline Quertain (une réalisatrice Belge spécialisée dans le papier découpé) qui est venue travailler avec moi à Reims pendant un mois. Toutes les animations et les décors ont été rassemblés au moment du compositing pour obtenir les plans complets et retravailler la dynamique du montage. Puis il y a eu les effets spéciaux (bulles, reflets, ombres), et enfin la phase finale d’étalonnage. 

Quel a été le plus gros challenge pour toi ici ?

Lorsque le dépouillement a été fait à partir de l’animatique (qui est la version animée du story board), j’avais ma liste de choses à fabriquer avant le tournage. Mais le temps étant chronométré et la fabrication des marionnettes ultra chronophage, il a fallu mettre en place un rétroplanning et un système d’organisation très précis. Le but était de hiérarchiser les différentes choses à fabriquer en fonction du plan de tournage. Puis d’imaginer ça comme un puzzle géant contenant une énorme quantité de pièces minuscules à ranger et classer. Chaque marionnette avait un kit avec des sourcils, des fonds d’yeux et des pupilles de secours en plus de tous les accessoires à ajouter en fonction des plans auxquels elles étaient destinées. Par exemple, lorsque la camionneuse pose son magazine, il a fallu prévoir 5 versions du livre plus ou moins fermées. Ou, lorsque les personnages chantent, préparer chaque bouche en fonction du lipsynch prévu etc, etc…

Comment avez-vous travaillé le scénario avec Fantastic Mister Zguy ?

C’est une collaboration et non pas un film de commande. Zguy avait fait sa musique. Il m’a laissé complètement libre pour le clip. La chanson parle d’évasion sans être trop descriptive. Elle m’a tout de suite évoqué l’image d’un personnage rêveur coincé dans une routine. De là est venue ma convoyeuse de bananes coincée dans un embouteillage puis la rencontre fantasmée avec le conducteur de la voiture derrière elle. L’univers tropical, habité d’oiseaux et de poissons multicolores est un motif récurrent dans mon travail qui fait écho à l’imaginaire de la musique de Zguy. C’était donc pour moi une évidence.

Est-ce que réaliser un court-métrage d’animation fait partie de ta liste d’envies ?

Oui, oui, oui ! J’aimerais beaucoup profiter de ce premier projet en papier découpé pour réaliser un court dans la même technique. La route est longue mais je réfléchis déjà à un scénario…

Tu as l’air de jongler entre de nombreux projets liés à l’illustration (dessin, animation, broderies, céramiques…). À quoi ressemble une semaine de travail chez toi ? 

Je vais travailler tous les jours à mon atelier mais il n’y a pas de semaine type. C’est ce que j’aime dans mon travail. Selon les périodes et les projets j’alterne des journées de peinture, de découpage, de couture, d’animation After effect, de prospection ou d’administratif. ​Le plus difficile est de réussir à bien doser pour que ça tourne en permanence.

ODEZENNE – Aïe aïe aïe

Illustration + animation : Vladimir Mavounia-Kouka

Salut Vladimir ! Peux-tu nous raconter la conception de ce clip des premières idées à la vidéo finalisée ? 

Séduit par le titre, « Aïe Aïe Aïe » qui m’évoquait des images intimes et ludiques, l’idée de suivre un personnage à différents âges de sa vie dans une déambulation onirique semée de rebondissement visuelle s’est rapidement imposée à moi. Ce personnage féminin est en soi la métaphore du groupe, qui tient son nom de leur proviseure de lycée, Mme Odezenne.

Comment les paroles de ce morceau t’ont-elles inspirées ? 

L’inconscient et le surréalisme sont un terreau fertile pour les carambolages de sens et autres jeux visuels. Aussi j’ai essayé de retrouver dans ma mise en scène et dans la narration l’essence ludique du rêve. Guidé par le texte, j’ai essayé d’en casser sa représentation illustrative pour y faire résonner sa valeur sensible, poétique mais aussi flirtant avec l’anecdotique et du « sale ».

Voilà des années que tu réalises des clips pour Odezenne. Comment celle collaboration qui dure est-elle née ? 

Il y a treize ans, partie d’une demande spontanée de collaboration avec Odezenne, j’ai réalisé le clip Dedans, sorti en 2012. Fort de cette rencontre artistique nous avons par la suite collaboré sur un titre de chaque album: Bouche à lèvres (2015)Pastel (2018) et enfin Mamour (2021)

J’entretiens au fil de mes collaborations avec Odezenne une relation privilégiée. Faire un clip pour eux est pour moi toujours très stimulant artistiquement, car il m’est possible d’expérimenter narrativement et graphiquement de nouvelles choses. Odezenne me laisse la liberté d’interpréter de façon personnelle les idées portées par leur musique.

Quelles références artistiques ont-elle nourries ton univers artistique ? 

Je suis une éponge. Mon univers artistique se nourrit de tout ce que j’aime en graphisme, le cartoon, le manga, le dessin, la peinture et l’art contemporain. Des artistes comme David Shrigley, Jean Michel Basquiat, Peter Doig, Cyril Pedrosa, Jonathan Job Kohndo… m’ inspirent énormément

Depuis plusieurs films, mon écriture visuelle en animation s’oriente vers une esthétique expressive, picturale et à la fois complètement numérique et digitale. Cette écriture aux contours bruts, à la touche colorée expressive et aux palettes de couleurs vives et saturées. 

Tu travailles depuis plusieurs années sur ton premier long métrage d’animation, Happy End, coréalisé avec Marie Amachoukeli. Peux-tu nous en toucher quelques mots ? 

Un vrai parcours du combattant. Cela fait plus de 10 ans que l’on travaille dessus par intermittence. Mais ça en vaut le détour car l’ histoire est assez atypique, universelle et puissante pour traverser le temps. Le projet a été mis en pause plusieurs fois, il est mort un temps, puis il a été ressuscité. Il est actuellement en financement. On a bon espoir qu’il rentre enfin en production prochainement… On croise les doigts.

PAÏKAN – Rosso

Illustration + animation : Clothilde Evide

Salut Clothilde ! Le morceau « Rosso » et le clip qui l’accompagne sont un hommage à Rino Della Negra. Peux-tu nous le présenter et nous dire comment ce sujet a t’il orienté tes recherches pour préparer le clip ?

Bonjour Kiblind ! Alors, déjà quand Rémi (Païkan) m’a proposé d’illustrer son morceau, j’ai directement acheté (et lu !) Rino Della Negra, footballeur et partisan, co-écrit par Dimitri Manessis et Jean Vigreux, pour savoir exactement qui était Rino Della Negra. J’ai découvert le portrait d’un footballeur et résistant, fusillé à l’âge de 21 ans par les nazis pour son engagement contre le fascisme. J’étais d’abord impressionnée par le sujet et ça me semblait être une grosse responsabilité de rendre cet hommage. Le courage de Rino Della Negra est hyper touchant et très inspirant. Je vous encourage à lire cette étude. 

En commençant à imaginer les visuels du clip, je me suis dit que ce serait pas mal de mixer des images d’archives avec de l’animation 2D pour concrétiser le sujet au milieu de mes dessins plus pop et poétiques. Je me suis perdue longtemps sur le site de l’INA et j’y ai trouvé des images qui illustraient le collectif, la solidarité du foot et la révolte !

Tu sembles également avoir donné de ta personne pour travailler les mouvements de tes personnages. Peux-tu nous en dire plus ?

Oui ! Je me sers toujours de mon corps comme modèle comme je travaille seule. Je ne fais pas de rotoscopie mais ça me permet de comprendre les lignes, les formes et de décortiquer le mouvement. Là, en plus c’était la première fois que je réalisais un clip avec comme personnages des humains. Et qui font du foot ! Galère. Moi j’y connais rien, mais je me suis filmée en train de jouer avec un ballon de plage, de danser dans mon atelier ou de remuer fièrement un torchon comme un drapeau de supporter. Je me retrouve en fin de projet avec plein de vidéos assez marrantes. Je m’amuse bien !

Quelle est la première chose, dans tes souvenirs, qui t’a donné envie de t’essayer à l’animation?

Hmm, je bricolais déjà des animations en stop motion avec mes jouets ou n’importe quel objet qui pouvait devenir un personnage grâce au vieux caméscope de ma mère quand j’étais petite. Avec des scénarios un peu bizarres contés par une voix off. J’avais plein de trucs à raconter apparemment ! Puis je dessinais beaucoup et j’écrivais déjà des histoires. C’est cucu mais aujourd’hui, j’ai trop de chance parce que je fais ça tous les jours et j’arrive à en vivre. Merci la vie !

De quel·le artiste rêverais-tu de réaliser le clip ?

Y’a pas vraiment de groupe auquel je pense. J’aime bien adapter mes idées et mon univers à ce qu’on va me proposer comme morceau, tout style confondu. Par contre y’a des collaborations de réalisation qui me feraient RÊVER ! Avec Étienne Charry, Penelope Gazin ou Terry Gilliam par exemple. Ça serait un délire : un gros collage animé absurde qui mélange plein de techniques. Mais c’était pas la question. 

Print, animation, peinture, sculpture… Tu es ce qu’on appelle une artiste touche à tout. Quel est ton prochain défi ?

Bonne question ! Pour l’instant j’ai la tête dans la réalisation et l’animation d’un prochain clip pour encore quelques mois alors je pense pas trop à la suite. Mais peut-être que le défi un jour sera l’écriture d’un court-métrage ? Qui mêlerait plusieurs médiums comme j’aime bien faire. Ou une BD jeunesse ? Ou me construire une maison ? J’ai beaucoup d’envies mais je crois que je suis encore un peu éparpillée. Merci pour tes questions ! Je vais plancher sur celle-ci.

NeS – Boomerang

Illustration + animation : Edern

Salut Edern ! On s’était déjà parlées il y a deux ans lorsque tu réalisais le clip de « Peu importe » de Tommy Moisi. Qu’est-ce qui a changé dans ta pratique de l’animation depuis ? 

J’ai continué à expérimenter diverses choses, mélanger différents médias, et il y a surtout eu 2 autres clips entre temps, « Hop-là » pour Bonnie Banane qu’on a fabriqué avec Thami Nabil, Julien Marmar et Hedi Nabil et « La Ride partie 2 » ft. Chilly Gonzales, Juliette Armanet, JeanJass, Tedax Max pour le Duke Mobb que j’ai réalisé au printemps 2025. 

La ride était un mélange de 2D, 3D et prises de vues. Pour changer, dans le clip pour NES, je voulais revenir à de la 2D.

Peux-tu nous raconter la conception du clip de « Boomerang » de NeS de A à Z ? 

NeS m’a contacté en septembre 2025 et m’a parlé de cette envie de clip en animation. Lorsqu’on s’est vu avec son manager, nos visions s’accordaient super bien. De mon côté, j’avais réservé 3 mois (octobre, novembre et jusqu’à mi-décembre) pour animer le court métrage Le bain de sirènes de Lola Degove à Angoulême. Le clip devait sortir le 12 février. À partir de là, c’était un peu la course contre la montre. Ce qui était chouette, c’est qu’ils m’ont laissé une quasi totale liberté. Avant de partir à Angoulême, j’ai fait une animatique très rough; on a validé le projet ensemble, le budget etc.

Pour le graphisme, je voulais des décors “très droits” avec des personnages (principalement le coeur) qui soient très organiques et viennent contraster. Comme je travaillais seul dessus avec une temporalité très restreinte, j’ai décidé de réaliser ce clip de manière à ce qu’il y ait une certaine économie (réutilisation d’animation, de décors, boucle d’animation, rotoscopie…) J’ai donc peaufiné l’animatique et je me suis lancé dans la fabrication de tous les décors à partir de mi-décembre, je me suis dit, il faut que je commence à animer le 1er janvier pour me laisser un peu de temps. J’ai fini l’animation le 23 janvier. Ensuite il restait la colorisation et un peu de compositing et j’ai livré le clip autour du 6 février. 

Tu continues également de faire de la micro-édition. Y a t’il d’autres médias liés à l’illustration que tu as envie d’explorer ? 

Globalement, j’aimerais faire plus d’illustrations, notamment pour des affiches, des covers, etc. continuer à tester de nouvelles choses, sur différents supports et médias. Mais comme j’adore l’animation et que ça prend beaucoup de temps, c’est dur d’en trouver pour d’autres activités. 

Quelles sont les choses qui t’inspirent dans la vie de tous les jours ? 

Réponse un peu bateau mais tout, une situation dans la rue, une ombre bizarre, une affiche décollée, de la musique, des films, beaucoup la peinture et les ami·e·s. Dès que j’ai des idées, j’ai une note ou j’écris tout, c’est assez cryptique… J’avance petit à petit selon la qualité de ces dernières ou simplement la possibilité de les relire. 

Pour quels clips animés ton coeur a déjà battu très fort ? 

Ohla il y en a pas mal ! « Helicopter » de A$AP Rocky réalisé par Dan Streit m’a bien fait kiffé récemment. Il y a aussi « Track 1 » de Flume & JPEGMAFIA réalisé par James Blagden« Ashnikko » de Worms réalisé par Raman Djafari, « Bone Bame » de 10LEC6 réalisé par Antwan Horfee avec Armand Beraud.

Comme je disais précédemment les copains copines qui envoient du paté, et y’en a pas mal donc je donnerais juste leurs noms sinon ça va être trop long: Maxime Saillard, Lola Lefèvre, Marlène Ciampossin, Katya Mikheeva, Thami et Hedi Nabil, Julien Marmar, j’en oublie surement déso <3

GABRIELLE VERLEYEN – Love Love Love

Illustration + animation : Céline Demaret, Salomé Degeer et Sarah Bauvir

Bonjour Salomé, Céline et Sarah. Pouvez-vous vous présenter ? 

Nous sommes trois amies rencontrées lors de nos études d’audiovisuel à l’I.A.D  Fraîchement diplômées, nous faisons notre petit bout de chemin ensemble sur base de projets divers en mixed media. Nous aimons expérimenter un maximum de techniques et de styles graphiques variés, que ce soit avec du dessin, du papier découpé, des images réelles, de la 3D… L’idée est de toujours créer des projets qui nous surprennent et nous plaisent, sans nous sentir limitées par les moyens. Nous sommes surtout copines, assez complices avec des influences qui nous rassemblent. Nous nous complétons bien, chacune avec son propre univers ; Salomé tournée vers la nature et la pop culture, Sarah évoluant dans le milieu des arts vivants et Céline passionnée de dessin et de création manuelle. Avant tout, nous aimons créer et passer du temps ensemble. 

Vous avez réalisé ce clip dans des conditions particulières, pouvez-vous nous en parler ? 

Nous avons réalisé le clip en 72 heures lors de l’épreuve de speed-clipping de la 7e édition du VKRS, un festival dédié au clip musical. Un morceau (ici « Love, Love, Love ») nous a été attribué au hasard. Après l’écoute, nous avons rencontré Gabrielle Verleyen, l’artiste, qui nous a laissé toute la liberté créative du projet. Réaliser un clip en 72h, ça a l’air très intense (et ça l’est) mais finalement, les conditions n’étaient pas aussi impressionnantes qu’on pourrait l’imaginer. C’est surtout nous, dans notre salon, à manger mal et à écouter beaucoup de pop des années 2000 pendant que l’on se grille la rétine sur nos écrans d’ordis en essayant de ne pas surveiller l’heure qui passe. 

Comment les différentes étapes de travail ont été réparties entre vous ? 

Nous fonctionnons toujours un peu de la même façon, chacune s’inspire de son côté, puis nous mettons en commun nos idées à travers un moodboard pour vérifier que nous sommes accordées graphiquement et dans la vibe générale. Ensuite, nous développons le story-board et l’écriture, en alternant entre des temps en solo, casque sur les oreilles et des moments à trois où nous nous faisons des retours et où nous voyons ce qui nous anime le plus. 

La production se déroule en utilisant les points forts de chacune. Pour ce projet ci Sarah était notre référence d’animation et notre danseuse, elle a également participé à l’animation du personnage avec Salomé et Céline s’est chargée de la création de l’ensemble des décors. En commun, nous avons réalisé le montage, le compositing et l’étalonnage. 

Comme nous travaillons côte à côte en permanence, nous pouvons nous donner des retours immédiats, et faire avancer le travail très vite ! 

Qu’est-ce que vous a inspiré le morceau « Love love love » à la première écoute ? 

Le morceau nous a directement inspiré beaucoup de douceur et de tendresse. Mais aussi et surtout un sentiment de force et de résilience.  Visuellement, un univers contemplatif et poétique dans les tons pastels. Et finalement, un refuge. Globalement, après la première écoute, nous étions super contentes, nous nous sommes directement regardées en comprenant que nous étions très chanceuses de tomber sur un morceau et une artiste qui nous inspire ! 

Quels sentiments cet exercice de réalisation express a t’il réveillé en vous ? 

Ce n’était pas la première fois que nous réalisions un film en aussi peu de temps, et à chaque fois l’effet est le même. Nous ressentons toujours beaucoup de joie, de fatigue, de lâcher-prise et surtout une immense envie de créer encore plus. C’est un sentiment assez incroyable de ne pas avoir le temps de douter. Et quand nous voyons l’effet que le clip provoque, ça nous rend vraiment super heureuses.

KEATON HENSON – Conversation coach

Illustration + animation : Keaton Henson

Salut Keaton ! Musique et illustration semble fonctionner ensemble chez toi. Laquelle de ces disciplines as-tu exploré en premier ?

Je pense que le dessin et l’art visuel sont les activités que je pratique depuis le plus longtemps. C’est comme ça que j’ai passé mon enfance, dans ma chambre à dessiner des choses qui font peur, et c’est toujours comme ça que j’occupe mon temps quand je ne fais pas de musique. Avant d’être musicien, j’étais illustrateur, je pensais faire ça toute ma vie. La musique était une activité que je faisais en secret. Mais aujourd’hui, j’ai besoin des deux pour avoir l’impression d’explorer toutes les facettes de ma personnalité.

Quand tu écris tes chansons, est-ce que ce sont les images ou les paroles qui t’apparaissent en premier ?

Lorsque l’on écrit des chansons, je pense qu’il est important que la mélodie arrive en premier puis dicte les mots. Parfois, il m’arrive de terminer une chanson avant de finalement prendre du recul et essayer de comprendre là où je voulais en venir. Mais à peu près à chaque fois que je termine une chanson, je commence imaginer le clip et les visuels. Et je sais déjà souvent à quoi va ressembler la pochette d’un album avant d’avoir commencé à écrire les morceaux. 

Comment t’es-tu formé à l’animation ?

J’ai toujours été obsédé par l’animation. Je fabriquais beaucoup de flip books quand j’étais petit. Et je répondais « animateur » quand les adultes me demandait ce que je voulais faire plus tard. Pendant ma carrière d’illustrateur, j’ai travaillé sur des projets d’animation et ai appris les basiques de ce métier, puis j’ai appris par moi même petit à petit. Dès que j’ai commencé à sortir des albums en tant que musicien, je m’en suis servi comme excuse pour réaliser des clips avec des animations et des marionnettes. Je suis en ce moment même en train de commencer mon prochain projet d’animation qui proposera un style d’animation plus élaboré et moins naïf, ce qui est excitant.

Peux-tu nous décrire les différentes étapes de réalisation du clip de « Conversation coach » ?

Pour cette vidéo, il s’agissait de créer des éléments à partir de collages, puis de les animer image par image, principalement à l’aide d’outils numériques. Je ne voulais pas que le résultat soit trop fluide, et chaque fois que j’automatisais un élément de l’animation, cela ne me semblait pas correct. J’ai donc tout fait image par image, principalement dans Photoshop. J’ai procédé de la même manière pour les autres vidéos de cet album, comme Insomnia.

Il y a un travail intéressant sur les textures ici. Peux-tu nous en parler plus précisément ?

Merci! Je voulais que la vidéo s’inspire et donne l’impression d’un livre d’images pour enfants des années 70 qui prend vie, comme The Very Hungry Caterpillar. Je me suis simplement assis avec du papier et de l’encre et j’ai créé des pages et des pages de textures, de motifs et de blocs de couleur, sur différents papiers, cartes et surfaces. Je les ai ensuite scannés et j’ai créé numériquement des collages que j’ai pu animer.

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