Il y a certaines personnes qui sauvent le monde. On verra plus tard si Hollie Fuller est de celles-là, mais nul doute qu’elle ne lui fait pas de mal. Pour notre numéro « Là-Bas », l’Anglaise nous a ainsi dessiné un monde où des fleurs gigantesques ont l’amabilité de nous servir de table de pique-nique en même temps que d’être incroyablement chic.

Des personnages qui bouquinent, d’autres qui s’offrent des fleurs, une bonne de tasse de thé ou pourquoi pas quelques fruits et légumes : voilà, en substance les éléments qui peuplent les images de Hollie Fuller dans des compositions aérées et des couleurs qui réchauffent les cœurs. Tout y est mélodieux et joliment composé pour que rien ne vienne ombrager ce moment de bonheur qui nous est offert.
À l’aide de tics graphiques ludiques (les petites oreilles, là) et d’un trait minimaliste, Hollie Fuller fait de la cajolerie sa marque de fabrique et de la bienveillance son outil de prédilection. Avec des illustrations débordantes d’optimisme et basées sur les petits plaisirs de la vie, la Londonienne ne fait rien de moins que mettre du baume au cœur des prunelles et, partant, de l’esprit tout entier. En ces temps, ce n’est pas un luxe.

Bonjour Hollie ! Pour notre numéro « Là-Bas », tu as dessiné une sorte d’endroit rêvé avec une (très) grosse fleur, tout simplement parce que tu adores les fleurs. Qu’est-ce que tu adores dans ton métier d’illustratrice ?
Il y a tellement de choses qui me plaisent dans la vie d’illustratrice. Faire des images tous les jours, que ce soit des projets personnels ou commerciaux, mes balades du matin, la musique et les podcasts, passer du temps avec d’autres créateur·rices…

Tu dessines en majorité la vie quotidienne, mais seulement les bons moments. Pourquoi être aussi optimiste dans tes dessins ? Penses-tu que l’illustration a le pouvoir de nous faire nous sentir mieux ?
Absolument ! J’essaie de tout voir positivement et ça a toujours inspiré mon travail d’illustration. J’aime voir la vie en rose et je pense que c’est important d’apprendre à trouver de la magie même dans les moments les plus anecdotiques. Ce qui me plaît dans l’illustration, c’est qu’elle a le pouvoir de faire naître des sentiments – et c’est vraiment important pour moi si ce que je crée aide quelqu’un à se sentir mieux.

Nous avons lu quelque part que le porte-mine était ton outil favori…
Il n’y a rien de mieux qu’un bon porte-mine avec un mine 2B fichée dedans. On m’a donné un Rotring Tikky 0.5 quand j’étais à l’université et je l’utilise encore aujourd’hui.
Quelles sont tes premières étapes après réception du brief ?
D’habitude, je gribouille quelques notes et des idées sur un papier. Cette étape est assez rapide et pas forcément très jolie. Je reprends ensuite mes idées favorites dans des croquis plus propres sur Procreate. Enfin, je les finalise et leur ajoute la couleur.

Quel·les artistes t’ont le plus influencée quand tu étais plus jeune ? Y a-t-il des artistes d’aujourd’hui que tu pourrais nous recommander ?
Je suis toujours influencée par les artistes qui ont bercé mon enfance, des illustrateurs comme Quentin Blake et Nick Sharratt. J’avais beaucoup de livres illustrés et j’adorais regarder des choses comme Wallace et Gromit et Les Simpsons que j’essayais ensuite de redessiner.
Aujourd’hui, je n’arrête pas de découvrir des artistes géniaux et je pourrais en recommander des tonnes. Je suis particulièrement fan d’illustrations absurdes, et en particulier des illustrateur·rices Javi Aznarez et Alice Bowsher.

Peux-tu nous parler de trois projets dont tu es particulièrement fière ?

J’ai été engagée pour créer un parcours familial à la National Portrait Gallery de Londres. C’était comme un rêve pour moi. J’y ai aussi été invitée pour faire des portraits d’enfants en direct et c’était un grand moment, professionnellement et personnellement. Je suis toujours en train de me pincer pour savoir si c’était vrai.

C’est un projet en cours que j’ai commencé l’an dernier qui est né du fait que mes amies et moi on se dit qu’on est fortes et courageuses même quand on ne fait littéralement que le strict minimum. C’est inspiré d’expériences personnelles et d’histoires communes, avec lequel on peut affronter les difficultés du passage à l’âge adulte et partager des moments qui nous rassemblent toutes. Le but c’est de rester positive, légère et empathique – que ce soit un cocon pour celles et ceux qui essaient de s’en sortir et un rappel qu’on est tous·tes ensemble.

J’ai imaginé cinq personnages plus grand que nature pour la vitrine de Fred Aldous, un magasin d’art à Manchester. J’aime beaucoup créer des choses qui existent dans le monde réel, et j’ai toujours voulu illustrer des personnages grandeur nature.
