[Les Gens du mag] Liana Mihailova

Dans notre numéro #71, nous demandions à Liana Mihailova un dessin sur le thème « Mystique ». Une mission remplie avec brio qui méritait bien quelques questions en plus.

Les dessins de Liana Mihailova nous créent une autre réalité. Prenant des éléments de notre bonne vieille terre, elle les installe dans sa dimension à elle, les manipule, les distord, les rend à la fois accessibles et irréels. Là, devant le fond de couleurs s’ébattent des personnages de cartoon dont la difformité exagérée n’empêche en rien la profondeur du message. Nous l’avons constaté, dans son dessin pour notre numéro « Mystique » où la notion d’au-delà devient concrète en même temps que terriblement poétique. Le monde de Liana Mihailova est ainsi fait, extravagant et solennel, pop et sincère.

 

© Liana Mihailova
© Liana Mihailova
© Liana Mihailova
© Liana Mihailova
© Liana Mihailova
© Liana Mihailova
© Liana Mihailova
© Liana Mihailova pour Kiblind

Kiblind : Comment es-tu devenue illustratrice ?

Liana Mihailova : J’ai commencé à me concentrer sur l’illustration quand j’ai changé la majeur de mon Bachelor of Arts. Je pense que (même si c’était un peu confus à ce moment là) je voulais dessiner plus et explorer ce medium pour savoir ce qu’il pouvait apporter à ma pratique créative. J’ai donc décidé de faire de l’illustration et de l’animation ma priorité.

Même si j’ai toujours trouvé l’illustration très intéressante pour véhiculer mes idées et admirait beaucoup d’illustrateurs contemporains, je ne pensais pas que ce serait ce médium me correspondrait autant. Ça m’a vraiment porté et il m’a vite semblé que j’avais trouvé une base solide pour mes recherches créatives et ça m’a beaucoup excité tout de suite.

 

Kiblind : Quel matériel utilises-tu ?

Liana Mihailova : Quand je fais mes croquis, j’utilise un simple crayon à papier. J’aime beaucoup pouvoir jouer avec les formes dans mes croquis, et effacer, redessiner encore et encore jusqu’à ce que j’arrive à ce que je veux. C’est peut-être la raison pour laquelle je travaille en digital maintenant. Tu peux manipuler ton dessin et le reconstruire comme tu veux jusqu’à ce que tu trouves ce que tu cherchais.  Souvent, je prépare les textures au crayon et parfois à l’acrylique en amont pour ensuite les retravailler à l’ordinateur.

En ce moment, je commence à dessiner quelques trucs au fusain qui est un outil qui laisse la place à l’inattendu. C’est encore tout nouveau, je viens de l’ajouter à ma palette histoire de bouleverser un peu ce truc de sans cesse faire et refaire mes dessins.

 

Kiblind : Quels sont les étapes de création de tes dessins ?

Liana Mihailova : J’ai remarqué que pas mal de mes dessins commencent avec des stimuli visuels. Je m’imprègne et je compile des images dans un coin de ma tête et ensuite elles viennent m’aider à trouver de nouvelles idées. Quand je travaille sur un thème, j’essaie de trouver des correspondances avec mes références visuelles.

Généralement, je suis assez impatiente. Dès que j’ai une idée qui tourne dans ma tête, j’essaie tout de suite de trouver un moyen de la dessiner. Et si ça se passe bien, je fais un croquis vite fait pour travailler la composition et je me mets au travail pour la version finale.

Parfois, l’idée vient sans faire exprès, simplement en dessinant. Je fais des blobs au hasard, qui deviennent des formes et peu à peu ça construit quelque chose.

 

Kiblind : Est-ce que tu pourrais nous décrire la scène lituanienne ?

Liana Mihailova : Même si on peut penser que c’est un peu petit, on a vraiment le sentiment qu’il s’y passe quelque chose. Il y a pas mal d’illustrateurs qui ont leur succès d’estime et qui sont reconnus en Lituanie et alentours. Des éditeurs indépendants comme kuš! aident la communauté des dessinateurs à prendre de l’importance, via les workshops qu’ils organisent ou en publiant de jeunes artistes, leur permettant d’être repérés à l’étranger.

Dans le même genre, on doit aussi parler des éditeurs/collectif Popper. On a également des galeries qui se tournent vers la nouveauté et exposent leur travail de jeunes talents.

À la fin de l’année dernière, il y a eu à Riga une exposition de jeunes illustrateurs lituaniens. On a pu voir à quel point la scène était diverse avec des gens qui venaient de pleins de background différents.

 

Kiblind : Quels sont tes artistes préférés en ce moment ?

Liana Mihailova : Je suis obligée de parler de la Lituanienne Maija Kurševa. Son travail et l’évolution de son travail sont vraiment très inspirants. J’aime beaucoup la façon dont ses dessins sont petit à petit devenus de plus en plus abstraits, se délestant de la nécessité de raconter une histoire, laissant le regardeur avec mille interprétations possibles ou aucune.

Je suis aussi le travail d’Agostino Iacuri. J’adore son langage visuel très ludique et la façon dont il s’engage dans différents mediums, la peinture, la sculpture, l’installation, les fresques, pour créer une sorte d’environnement synthétique global.

 

Kiblind : Quels sont tes prochains projets ?

Liana Mihailova : Je commence tout juste à travailler sur un projet personnel, de courtes boucles animés sur moi-même. Après avoir perçu chez moi les choses qui me dérangeaient, je me suis dit que ça irait mieux en les assumant et en les dessinant pour ensuite passer à autre chose.

 

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