Les 3 et 4 octobre prochain, délectez-vous de la 9ème édition du Marché de l’Illustration Impertinente ! Le Hasard Ludique sort le tapis rouge de la coquinerie pour une nouvelle édition plus hot que jamais.
Pendant tout un week-end, une trentaine d’illustrateur·ices viendront partager leurs créations, accompagnés d’ateliers pour expérimenter, discuter, apprendre et s’amuser. Dessins érotiques, performances, conversations décomplexées, concerts et découvertes inattendues : le Marché promet une immersion totale dans un imaginaire aussi joyeux qu’impertinent. Ne prenez pas peur, on se décomplexe un grand coup, et on régale ses yeux de créations illustrées !
Cette année, c’est l’illustrateur Minh Fâ qui s’est emparé des codes décomplexés et érotiques du Marché pour créer une affiche qui nous donne envie d’explorer nos fantasmes les plus enfouis ! Tout au long de cette interview, l’artiste nous dévoile ses secrets créatifs et son univers qui colle parfaitement à celui du Marché de l’Illustration Impertinente. Alors accrochez vos ceintures, c’est parti pour l’autoroute du plaisir !

Bonjour Minh Fâ, peux-tu te présenter pour les personnes qui ne te connaissent pas ?
Salut ! Je suis Minh, illustrateur d’origine vietnamienne. Dans mon travail, je cherche à rendre hommage à mes origines tout en célébrant l’amour entre hommes. C’est une manière pour moi d’aborder et de déconstruire certains tabous encore présents dans ma culture, notamment autour de l’homosexualité et de la sexualité.
Cette année, c’est toi qui réalises l’affiche du Marché de l’Illustration Impertinente. Peux-tu nous expliquer d’où t’est venue l’idée de ce terrain de jeu érotique ?
J’avais envie de transformer quelque chose perçu comme tabou, une partouze, en quelque chose de ludique et presque innocent. J’ai joué avec l’expression « jeu sexuel » en la prenant au sens littéral. L’idée était de détourner l’imaginaire de l’aire de jeux pour enfants avec ses toboggans, ses échelles, ses murs d’escalade, pour le transposer dans un univers où le corps devient lui même le terrain de jeu. Un espace ludique et sensuel, où l’on peut grimper, glisser, se rencontrer et se découvrir.
Pour cette nouvelle édition, le Marché souhaite mettre en valeur la pluralité des corps. Est-ce un sujet important dans ton processus créatif ?
J’ai été vraiment très honoré d’avoir été contacté par le Marché pour illustrer cette édition, parce que la diversité des corps est un sujet qui me tient à cœur depuis que j’ai commencer l’illustration. Sur Instagram et les réseaux sociaux, les corps musclés et minces correspondent encore beaucoup à une norme de beauté mise en avant. J’ai donc envie de montrer qu’il existe d’autres façons d’être beau, d’autres silhouettes, d’autres corps et d’autres manières de les désirer et de les représenter. Pour moi, c’est important de créer des images dans lesquelles chacun puisse potentiellement se reconnaître, ou simplement découvrir une autre forme de beauté.
Quels sont tes outils et techniques de prédilection ?
J’utilise principalement mon iPad pour mes illustrations. C’est un outil qui m’apporte beaucoup de confort et de liberté dans mon processus de création : je peux facilement revenir en arrière, tester différentes idées, modifier les couleurs ou expérimenter sans avoir peur de perdre mon travail. J’aimerais aussi prendre davantage le temps d’explorer des techniques plus traditionnelles. Je commence notamment à m’entraîner à l’aquarelle et au crayon de couleur, et j’aimerais progressivement les intégrer davantage à ma pratique.
Penses-tu que l’illustration a un rôle important à jouer dans la représentation des corps, en particulier concernant la sexualité ?
J’aime penser qu’en tant qu’illustrateur, nous avons une grande liberté : nous pouvons choisir les personnages que nous voulons créer, les corps que nous voulons montrer et les histoires que nous voulons raconter. On a donc aussi le pouvoir de continuer à déconstruire et à réinventer les codes du « beau ». Montrer des corps de toutes les formes, des représentations multiples du genre, différentes façons d’aimer et différentes formes de sexualité permet, je pense, d’élargir notre imaginaire collectif. Je trouve ça assez puissant.
