Le groupe de rock lyonnais Aléa lance le teaser de son prochain EP et un appel à une refonte de l'industrie musicale. Le EP 'Daedelus' sortira en janvier si et seulement si ils récoltent assez d'argent sur le site de crowdfunding Ulule. On vous en prie, soutenez-les. Liens et explications en cliquant sur '+'.
Ce communiqué raconte l'histoire d'Aléa, groupe de Métal Lyonnais créé en 2004, signé sur une maison de disque, ayant proposé plus de 100 concerts, et ayant un clip diffusé en télévision (MTV, MCM). Bien qu'a priori sur la voie royale de la professionnalisation, le groupe a décidé de revenir vers l'auto-production la plus complète pour la sortie de son prochain album.
L'exemple d'Aléa
En 2010, Aléa enregistre son 1er album, fruit d'années de travail et de sacrifices. Le groupe s'engage alors avec un label dont le rôle sera de le distribuer le phonogramme et d'en faire la promotion pour les 24 mois suivants.
En suit une sortie nationale, dans les plus grands réseaux de distribution physiques (Fnac, Virgin, etc.) et numériques (iTunes, Spotify, Deezer, etc.), une tournée conséquente (36 concerts sur 15 mois dans toute la France), des passages radios, des chroniques très positives dans la presse spécialisée, dans les webzines, etc.
Des concerts rémunérés sont effectués, des albums sont vendus, en magasin ou en ligne, et pourtant, les résultats ne sont pas tout à fait à la hauteur de leurs espérances. En effet, le montant des commissions sur ventes couvre à peine les frais avancés par le groupe pour l'enregistrement studio. A des années lumière de l'idée d'être professionnels. Le danger représenté.
Il semblerait qu'une formation musicale, bien ayant un %u201Cmarché%u201D (qui vend des albums, vends des billets de concerts, etc.), ne puisse pas espérer vivre de sa musique sans %u201Ctricher%u201D (jouer dans des groupes de bal, être professeur de musique, ou avoir un métier alimentaire). Ces musiciens n'auront ni le temps ni l'argent de se consacrer à la création de leur musique autant qu'ils le voudraient et moins (voire plus du tout) produire. A terme, c'est donc la diversité de la scène musicale qui est menacée.
Cette situation semble être basée sur 3 caractéristiques principales :
1) Produire de la musique coûte de l'argent. Malgré le développement technologique et l'avènement du home studio, l'investissement de départ est trop important (studio, visuels, pressage, supports de communication, promotion, etc.)
2) La musique ne touche qu'une petite partie de son marché réel. La portée du groupe est limitée par la portée géographique de la distribution du phonogramme, par la portée géographique des tournées, par le coût d'acquisition de sa musique, etc. En effet, les labels distribuent sur une zone géographique réduite, et interdisent parfois les pistes de diffusion gratuite, pour ne pas %u201Ccannibaliser les ventes%u201D.
3) Produire de la musique émergente rapporte très peu d'argent. Les commissions sur ventes rétrocédées par les labels sont ridicules. Même un volume de vente décent ne représente pas une somme suffisante pour espérer rentabiliser l'investissement de départ. Même si les concerts sont rémunérés, le cachet des concerts est principalement utilisé pour couvrir les frais de déplacement, hébergement, nourriture.
Comment y remédier ?
1) Communaliser l'investissement : Le Crowdfunding Littéralement %u201CFinancement par la foule%u201D, l'idée est de rassembler une multitude de petits investisseurs plutôt qu'un petit nombre de gros investisseurs, qui ne seront pas en situation d'exercer des pressions quelconques sur les artistes.
Les premières personnes qui bénéficient de la sortie d'un phonogramme sont les fans, qui l'attendent parfois impatiemment depuis bien longtemps. Pourquoi, alors, ne pas les mettre à contribution en amont, au stade de la production, plutôt qu'en aval, au stade de la distribution (à la caisse de la Fnac) ?
C'est l'opportunité pour le groupe de créer une relation privilégiée avec ses fans, de leur permettre d'obtenir le nouveau phonogramme en exclusivité (ou une contrepartie quelconque), en échange d'une participation qui leur revient à 100%. 2) Supprimer les barrières à la distribution
Elles sont géographiques et financières. Pour y remédier, il faut distribuer le phonogramme gratuitement, en téléchargement légal et illimité sur Internet, en échange d'une adresse email. Cela permets de contourner les limitations géographiques et financières imposées par les réseaux de distribution (digitaux ET physiques).
3) Générer un retour sur Investissement Mais comment générer de l'argent si la musique est distribuée gratuitement? La musique (et l'art en général) n'est pas un produit comme les autres, elle ne doit donc pas être vendue. En la rendant gratuite et internationale, elle sera distribuée au plus grand nombre. De fait, un grand nombre d'emails pourra être collecté. Ce sont ces adresses email qui permettront, à terme, de pouvoir contacter pour les fans individuellement, et générer des ventes de merchandising ou des dons, dont le groupe conservera 100% du montant.