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Retrouvez le Portfolio de Thomas Freteur ici.

Collectif de photojournalistes, Out Of Focus pourrait aussi se définir comme un « montreur d'humain », une équipe passionnée de l'irréductible qualité singulière des personnes et des lieux dans lesquels ils vivent, tissent leurs histoires et affrontent le monde.

Au coeur des projets des cinq photographes composants ce collectif, un seul mot : altérité.

Et parce que les huit lettres de ce mot nous plaisent beaucoup (tout comme l'ensemble de leurs travaux), Kiblind est allé toquer à la porte de chacun des membres du collectif pour écouter et recueillir ce que des récolteurs d'images originaires du plat pays (pas des « chasseurs » ; non, chez eux on cultive avec soin, constance, précision et sensibilité) ont à dire sur leurs envies, leurs voyages, leurs projets et le fait d'appuyer sur un boitier qui fait dire « cheese » à ceux qui sont placés devant.

Notre série débute cette semaine avec l'interview-parcours de Thomas Freteur qui travaille actuellement en Haïti.


Kiblind : Bonjour Thomas, s'il fallait regarder les « traces » qu'il y a derrière toi, quelles en seraient les grandes lignes ?

Thomas Freteur : Parcours « classique »; enfance « tranquille » dans un village à la frontière franco-belge (Froyennes, Tournai à 20km de Lille). Puis cela se bouscule tout doucement avec une première expérience marquante, un long voyage au Congo à 8 ans pour rendre visite à mon parrain qui y vivait grassement mais somme toute, respectueux des traditions congolaises. Dois je mentionner que mon grand-père et mon oncle étaient photographes de petite bourgade?...

K : C'est donc le « pourquoi » du fait que tu t'es mis à la photographie ?

TF: Mes aptitudes en mathématique et tout ce qui touche à la logique étant far far away, je me dirige petit à petit vers des études de langues et lettres au lycée (français, néerlandais, allemand et anglais). Saloperie de parents qui divorcent à mes 10 ans, multitude de déménagement afin de suivre les pérégrinations familiales... Tout ça suivi d'une licence en animation socio-culturelle et éducation permanente à Bruxelles au cours de laquelle j'ai appréhendé les médias (vidéo, photo, son, écriture et web) et finalement la photographie. Je focalise, Dieu sait pourquoi, mon attention sur les saltimbanques pour mon travail de fin d'études. Je commence à suivre par-ci par-là des compagnies; nomades ou pas, officielles comme officieuses, à deux ou à dix-sept, c'est leur quotidien qui m'intéresse plus que tout.... Plus tard je me mets à suivre de près au sein des territoires occupés la toute première école de cirque de Palestine. Cette aventure circassienne, photographique et finalement humaine m'amène  un peu partout (Canada, Syrie, Espagne, Palestine, France, Roumanie, Brésil, Belgique, etc.). Et puis, concernant Out of Focus, à la suite d'une longue et festive soirée, avec Colin Delfosse, Pauline Beugnies et Aurélie Grimberghs (photojournalistes au sein du collectif Out Of Focus, ndlr), nous faisons des plans sur la comète...et le collectif surgit! Alice Smeets et Thomas Van Den Driesche nous rejoindront quelques années plus tard.

K : Revenons-en au parcours...


TF : Entre deux, je passe du temps en Roumanie où je caresse l'idée de développer des ateliers photos, faute de sérieuse motivation et de fonds, j'arrête le projet. Je sillonne la Creuse pendant un an pour organiser un concours photo afin de mettre en valeur ce département français si peu prisé mais ô combien surprenant à de nombreux points de vue. Le collectif Out Of Focus prend forme peu à peu : des petites expos, des projets collectifs à deux, des ateliers et surtout cette volonté de sortir nos images des endroits classiques, qu'elles aillent droit vers le public. Professionnellement, je travaille beaucoup dans la com', diffusion, coordination, animation sur différents projets. Par conséquent, dans les premiers émois du collectif, je m'occupais de cela également. Je ne sais si c'est dû à un manque de confiance en moi concernant mon approche photographique ou simplement parce que j'ai besoin de prendre du recul par rapport à ma photographie ; mais c'est comme ça et je l'assume presque toujours.

K : Le projet d'école de photographes que vous menez en ce moment avec Alice Smeets, Dorine Van Ophalvens et Frédéric Biegmann à Haïti, dépasse de loin les « prérogatives » habituelles que l'on attribue aux photojournalistes, est-ce un des leitmotiv de ton travail et plus largement de celui d'Out Of Focus ?


TF : Haïti, au départ, c'était une vague idée dans ma tête mais c'était déjà un projet concret dans celle d'Alice. J'avais justement trouvé un boulot à mi temps en tant que manager pour plusieurs groupes de musique et j'avais l'opportunité de casser mon contrat pile poil juste avant le début du projet. Du coup, après quelques semaines de réflexion, je me suis décidé à participer au projet. En France, en Belgique, en Roumanie, j'avais déjà monté seul ou avec Out of focus quelques projets d'atelier photo. Cette volonté de partager mon savoir-faire a démarré lors de ma licence en animation où la photographie est devenu également un outil pédagogique idéal pour approcher toute thématique de loin comme de près.  De plus, la photographie est assez facile d'approche.

Retrouvez le projet Eyes on Haïti ici

Pour plus d'infos www.outoffocus.be

Et pour avoir un aperçu du travail de Thomas Freteur, reportez-vous sur son Portfolio.

Un grand Merci à Thomas Freteur.



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