Dans un épisode de la série animée Metalocalypse retraçant le parcours de Dethklok, groupe de Metal fictif 1000 fois plus important que les Beatles ne l'ont jamais été et huitième puissance mondiale (devant la Belgique), les cinq protagonistes parviennent à réveiller un troll gigantesque faisant peser une menace imminente sur la Finlande. Panique à l'ONU : "nous avons besoin de la Finlande saine et sauve ! Nous avons besoin de leur bois, de leur sel et de leurs téléphones portables". LOL !
L'Institut Finlandais ne connait peut être pas cette série, mais se fait un plaisir de démonter cet argument au prix d'une programmation ô combien pertinente. Il n'y a donc pas que Nokia de ce côté-ci de la Scandinavie.
Et tandis que Aki Kaurismäki se fait progressivement connaître du grand public, par l'effet combiné d'une mise en lumière initiée il y a quelques temps par le duo Delépine-Kervern (Aaltra en premier lieu) et plus encore par le succès tant critique que public de son dernier film, Le Havre, l'Institut Finlandais nous offre actuellement une rétrospective consacrée au plus connu des réalisateurs que cette nation a enfanté, autant qu'une opportunité de comprendre que cette réputation est loin d'être usurpée.
S'il n'est pas encore question de ses chefs-d'oeuvre (L'Homme Sans Passé, Les Lumières Du Faubourg, etc.), le quidam saura apprécier les "débuts" du réalisateur et l'embryon d'une reconnaissance internationale à travers une trilogie datant de la fin des années 1980, intitulée "trilogie des ouvriers", que Kaurismäki lui-même revendique comme celle des "losers".
Ces figures romantiques, perdants magnifiques, beaux pathétiques, dans la panade mais toujours dignes, sont également (surtout ?) une opportunité de dépeindre la Finlande de la fin des années 1980 et les mutations sociales, économiques et culturelles de l'époque.
Les superbes Shadows In Paradise (1986) et Ariel (1988), ont déjà été diffusés, mais La Fille Aux Allumettes (1990) complètera un triptyque qui nous permet de (re)découvrir entre autres le grand Matti Pellonpää ou la muse du réalisateur, Kati Outinen. A ce rapprochement thématique viendra se greffer, en clotûre de cette rétrospective, Leningrad Cowboys Go America, soulignant une autre passion de Kaurismäki, le Rock burné, omniprésent dans tout ses films.
Une réalisation minimaliste mais toujours émouvante, entre rires et larmes, des peintures réalistes frisant parfois avec le road-movie ou le burlesque, des personnages attachants et portés à l'écran par des acteurs très justes et malheureusement trop méconnus... Voici les ingrédients qui composent le cinéma de Kaurismäki, dont nous pourrons suivre l'évolution au trimestre suivant, une exploration de ses autres réalisations étant au programme.
Mardis 21 février et 28 février à 19h30. 4 €. Pas de réservation.
Institut Finlandais, 60 rue des Écoles, 75005 Paris.