0    

Down est un super-groupe, au sens propre comme figuré, parce qu'il est composé d'une part de légendes du Metal ayant acquis de la notoriété et du respect dans leurs projets respectifs précédents, et d'autre part car il s'agit certainement du meilleur groupe de Rock au monde actuellement. Une poignée d'heures avant la prestation majuscule livrée au Bataclan le 24 octobre dernier, Kiblind a pu rencontrer la barbe la plus fameuse du milieu, dont s'échappe une voix poignante, atypique et identifiable parmi mille autres. Interview donc avec le sieur Kirk Windstein.


Kiblind : Pourrais-tu te présenter pour les lecteurs qui ne te connaissent pas encore ?

Kirk Windstein : Je suis Kirk Windstein, guitariste pour Down, chanteur et guitariste de Crowbar et je joue également dans Kingdom of Sorrow avec Jamey Jasta [chanteur de Hatebreed également]. Donc je suis un mec occupé [rires].


K : Et comment présenterais-tu Down ?

KW : Nous avons Phillip Anselmo, le chanteur légendaire de Pantera, au chant bien sûr [Superjoint Ritual, Arson Anthem, un album solo en cours et propriétaire de la maison de production Housecore Records]. Nous avons Pepper Keenan, de Corrosion of Conformity, à la guitare. Moi-même à la guitare également. Jimmy Bower, de Eyehategod, à la batterie [Superjoint Ritual]. Et enfin, Pat Bruders à la basse, qui vient lui aussi de Crowbar [et Outlaw Order].


K : Comment définirais-tu le son de Down ?

KW : Organique. Sale. Old School. À l'origine, notre objectif était de revenir à nos racines. Je veux dire, j'ai 47 ans, je suis le plus âgé; mais Pepper a 45 ans, Jimmy et Phil ont 44 ans et Pat est le plus jeune et il a 40 ans [rires]. Donc nous avons grandi avec le Rock'n'Roll des années 70 : Led Zeppelin, Black Sabbath, Thin Lizzy, Motörhead... Nous avons créé le groupe en 1991, alors que Jimmy était avec Eyehategod, Pepper dans C.O.C., je commençais Crowbar, et puis Phil était avec Pantera et Cowboys From Hell venait juste de sortir et il commençait à devenir très populaire. Donc tout l'intérêt de la création de Down résidait dans un constat : « vous savez quoi ? On joue tous dans des groupes très lourds. Faisons quelque chose d'autre - pas plus léger, mais plus Rock'n'Roll, quelque chose avec laquelle nous avons grandi ». L'idée générale était de revenir à ce qui nous a fait jouer de la musique dans un premier temps. Puis nous avons pris des influences qui à l'époque étaient vraiment incontournables - comme Trouble, Saint Vitus ou ce type de groupes qui ont également un grand impact sur le son de Down.


K : Votre nouvel album vient de sortir. Quelles sont les nouveautés ?

KW : C'est un EP de six titres. Il n'a pas vraiment de nom, chacun l'appelle comme il veut, même si Down IV - The Purple EP se dégage. J'ai donné une interview avec Phil il y a quelques jours pour Metal Hammer, où nous disions que c'était le chemin à suivre parce que nous sommes très connus avec nos autres projets donc il nous faut énormément de temps pour arriver à nous rassembler. Donc c'est complexe de composer un album de treize ou quatorze chansons. Nous nous sommes retrouvés une paire de semaine, avons composé quelques titres, puis enregistré et mixé, et voilà ! C'était fini ! C'est très Old School comme manière de procéder. Cet album a la vibration que nous recherchions - quand Down a commencé, c'était un processus similaire, faire quelques démos. Le premier jour où nous étions réunis, nous avons composé « Temptation's Wings », « Losing All » et « Bury Me In Smoke ». Dès le putain de premier jour ! Nous n'avions pas encore de nom pour le groupe, nous n'avions aucun plan pour l'avenir, mais dès la première réunion dans le garage d'un gars à la Nouvelle-Orléans, nous avions écris trois chansons. Nous nous disions tous « Wow » ! Dès le lendemain, nous enregistrions une démo, Phil écrivait les paroles et les chantait et nous réalisions alors que nous avions quelque chose.

Dans l'ensemble, nous avons essayé de ne pas trop penser sur cet album, ne pas trop en faire, juste être Down. Je crois que sur le dernier album [Over The Under, 2007], nous avons un peu trop réfléchi, nous sommes allé à L.A. et tous ces gros et luxueux studios... Ce n'est pas ce que nous sommes ! Du coup, nous sommes allés chez Phil, dans sa maison, qu'il a transformé en studio : c'est parfait ! Nous sortons, nous buvons des bières... Nous sommes à la maison, il y a la famille, c'est confortable. C'est comme ça que l'on écrit. Nous n'avons pas besoin d'aller dans cette merde d'Hollywood, dans des studios de tapettes [rires] comme Motley Crue - bon, j'aime bien Motley Crue - mais ce n'est pas Down, alors nous sommes retournés à nos racines.




K : Quelle est la thématique principale de cet album ?

KW : C'est une question pour Phil. Il écrit toutes les paroles. Musicalement, nous avions tous des riffs. Nous aimons nous réunir dans ce que nous appelons « Le Cercle », où chacun montre ce qu'il a et abreuve les autres. « J'ai une idée, écoutez ! - Oh, j'ai quelque chose qui irait bien avec ça ! - Et pourquoi pas ça ? - Et ça ? », etc. Puis Phil arrange toutes les chansons, il écrit énormément, et il compose beaucoup - les gens ne le réalisent pas mais c'est un bon guitariste, il a beaucoup de riffs - et voilà, c'est terminé. Nous ne pensons pas trop, ça sort comme ça, naturellement.


K : C'est un format original : vous allez sortir quatre EPs en un an. Pourquoi ? Tu expliquais qu'il s'agissait d'une révolution par rapport à la situation actuelle de l'industrie musicale...

KW : Il y a plusieurs raisons en fait. La première, c'est qu'elle nous permet de nous concentrer pour écrire six chansons à la fois qui défoncent tout au lieu de s'inquiéter à remplir un putain d'album complet. Puis nos chansons sont longues de toute façon : l'EP fait 35 minutes, avec seulement six titres - c'est bien plus que beaucoup d'albums prétendument complets. Ça nous permet de faire de la musique plus rapidement car nous n'avons pas à nous concentrer sur un album complet, nous ferons six chansons à la fois. Puis, avec l'état actuel de l'industrie musicale, et les gens qui n'achètent pas de disques, c'est plus abordable de s'acheter ce genre de format - aux USA, le disque matériel doit coûter $7.99 ou quelque chose comme ça, ce qui est bien moins que les $14 ou $15 que tu dois généralement payer. Et si tu vas sur I-Tunes ou ce type de plateformes, le titre coûte $0.99 - donc pour six putains de dollars, tu as tout ce putain d'EP. Il faut tenir compte de ce genre de notions également.


K : Puis le processus est plus confortable. Vous avez tous plusieurs projets, vous ne vous retrouvez que quand vous avez le temps...

KW : C'est juste. Avec ce format, nous n'avons pas besoin de nous presser. Comme tu l'as dit, avec notre implication dans plusieurs projets, c'est plus simple de se concentrer sur six chansons à la fois. Merde, je ne sais même pas comment on aurait pu en sortir sept de plus après avoir fait ces six-là [rires]. Puis il n'y a pas tout le tri à faire ensuite parmi les bonnes chansons, et ça aussi, ça prend du temps. De cette façon, nous nous retrouvons, nous sentons les vibrations puis nous écrivons, et les titres reflètent le meilleur de ce que nous avons.


K : Donc les autres chansons ne sont pas prêtes...

KW : Nous n'avons aucune idée de ce que nous allons faire, de comment ça va sonner, de quand nous allons le faire. Mais ça ne nous inquiète pas. Down est une chose naturelle : nous nous retrouvons dans une pièce et nous jouons, puis les jeux sont faits : ce qui en ressortira sera ce qui en ressortira. Nous ne nous asseyons pas et prenons des décisions « okay, nous allons faire sonner cet album plus lourd ». Nous ne faisons rien de toute cette merde. Nous faisons ce que nous faisons.


K : En 2010, Pepper me disait alors que vous commenciez juste à penser à vous réunir, que le prochain album ressemblerait plus au premier album, NOLA [1995]. Penses-tu que cet EP lui ressemble finalement ?

KW : Je pense, oui, mais seulement dans les vibrations, qui sont les mêmes qu'à l'époque. Nous ne pensions pas trop. Maintenant, c'est notre groupe principal, mais pour NOLA, ce n'était pas le cas : il y avait putain de Pantera, ils vendaient des millions d'albums [rires], ils étaient connus dans le monde entier, donc c'était juste quelque chose de marrant à faire à côté. Nous étions tous occupés avec nos autres projets. Donc je crois que le sentiment et la vibration de NOLA sont définitivement de retour. C'est ce que nous recherchions. Nous essayons de ne pas trop penser - je suis désolé de me répéter - mais c'est tout ce dont nous parlons avec cet album : arriver, se brancher, s'accorder, taper le boeuf, sortir des riffs qui défoncent tout, boire des bières et rentrer à la maison [rires]. C'est comme ça que nous avions commencé, c'est ce que nous sommes. Donc oui, il y a vraiment cet esprit NOLA.




K : Comme vous enregistrez chez Phil, est-ce lui qui produit ?

KW : Non, c'est tout le groupe. Il arrange. En quelque sorte, il a le dernier mot. Si j'ai des riffs ou des idées, il écoute : « c'est cool, fais ça là ! ». Pepper a des idées : « c'est un bon riff, place le ici ». Il a déjà les morceaux dans la tête pour arriver à chanter par-dessus, il a les mélodies. Donc le groupe l'a produit, avec Mike Thompson - qui est ingénieur et producteur - et qui nous a vraiment beaucoup aidé. C'est un gars super, il fait beaucoup de sons pour nous.


K : Est-ce facile d'enregistrer et produire à la fois ? Prendre le recul nécessaire pour se dire ou dire à son pote « c'est bon » ou au contraire « c'est merdique, tu recommences » ?

KW : Oui, ça va. On peut dire que Phil « conduit » [rires]. « Okay, trous du cul, tenez vous prêts, il y a des variations ». « « Ouais, ça sonne pas mal, continue, pousse à fond, connard ! »... Ce genre de phrases qui te poussent. On en a même capté que l'on a mis sur « Open Coffins » : il nous parle, tu vois, quand il prend son visage de méchant... Quand Jimmy a fini, nous y allons avec Pepper pour enregistrer les guitares. Nous ne voulons pas avoir un son poli, lisse. Nous voulons être ressentis, pas parfaits. Il y a bien une erreur ici ou là mais nous aimons ce que nous ressentons et comment cela sonne.


K : Sur cet album, Pat arrive. Comment ? Qu'amène-t-il a Down ?

KW : Pour cet EP, nous avons presque tous les riffs, donc il n'avait presque rien à écrire. Mais c'est un vrai bassiste. Il ne joue pas de guitare du tout, il doit connaître deux accords. Il n'a pas de guitare, il n'en joue pas, il joue de la basse et c'est tout. Il joue avec ses doigts, très Old School. Donc il prend nos riffs, il les développe et écrit ses lignes de basse comme John Paul Jones de Zeppelin faisait, comme à l'époque. Et ça n'existe quasiment plus de nos jours chez les autres groupes : tu as la ligne de basse qui suit celle des guitares à la note près, tout est question de précision et de justesse... Ce n'est pas son type. Il amène ce sentiment Old School aux chansons, aux riffs, il écrit ses propres lignes de basse, ses propres riffs même - réellement, tu peux l'entendre sur l'album, il se casse le cul. Et sur scène, il défonce tout. C'est cool.


K : Il est membre de Crowbar. C'est quasiment du 24h/24, 7j/7. Comment arrivez-vous à encore vous supporter ?

KW : Ouais. Je ne lui parle que cinq fois par jour [rires]. On parle de ce qui se passe, de Down, de Crowbar...


K : Down est-il toujours le projet parallèle ou est-il devenu le projet principal ?

KW : C'est le projet principal.


K : Malgré Crowbar ?

KW : Oui. Tous le monde prend du temps pour Down maintenant et met ses projets de côté. Down est l'objet principal de notre attention. Bien sûr, nous n'avons enregistré qu'en seize jours je crois, nous avons dix dates en Europe pour l'instant, mais c'est parce que nous nous ménageons dorénavant, nous devenons vieux. Jimmy est marié et à un bébé pour bientôt, j'ai une fille de neuf ans et demi, Pepper a une fille, Phil est comme marié car il est avec sa copine depuis dix ans [rires]... Nous avons des familles à la maison, nous ne voulons pas être loin. Phil l'a dit, et je suis d'accord avec lui. C'est la 33ème fois que je viens en Europe sur ces vingt dernières années. J'aime beaucoup, n'allez pas vous faire des idées, j'adore, mais je viens juste de parler à ma copine et elle me disait « mais sors ! Va faire un tour ! » alors je lui réponds « je suis venu à Paris vingt putains de fois ! [rires] J'adore cette ville, mais je la connais : j'ai vu la Tour Eiffel, j'ai vu Montmartre, j'ai fais le Louvre, j'ai fais le tour [rires] ». Je suis ici pour faire mon boulot, c'est-à-dire monter sur scène et jouer. C'est comme ça que je suis. Pepper aime sortir et trainer autour. Chacun est différent. Personnellement, j'aime dormir autant que possible [rires] parce que je ne dors pas beaucoup chez moi - m'occuper de la maison, la vie de famille, le quotidien... - et ça donne l'impression que le temps passe plus vite. Comme Phil le disait donc : « j'aime donner des concerts, j'aime jouer dans toutes ces villes mais putain si vous pouviez me téléporter directement chez moi tous les soirs pour que je dorme dans mon propre putain de lit et me ramener le lendemain à la prochaine salle, alors je jouerais tous les soirs ». Je pense pareil. Les tournées sont connues maintenant, nous le faisons tous depuis plus de vingt ans et nous devenons vieux. Donc c'est un métier - et c'est vraiment un métier merveilleux ! Mais nous sommes là pour une seule raison : monter sur scène et tout défoncer pour les fans. Je ne suis pas là pour visiter comme n'importe quel touriste [rires], je l'ai déjà fait. Hier soir, je me suis bousillé l'épaule droite et le cou à Anvers, j'ai le nez qui coule... Les tournées sont dures, elles ont des conséquences sur le corps et la santé. Je suis le premier au lit : dès le concert fini, je bois une paire de bières avec les fans ou les gars, j'appelle ma copine, je prends des nouvelles de ma famille et je file au pieu.


K : Y a-t-il des problèmes d'égos, des luttes internes parce que l'on passe du statut de chanteur et guitariste de Crowbar - le plus grand groupe de Sludge du monde - à celui de « simple » guitariste - même si c'est le plus grand groupe de Stoner ?

KW : Pas vraiment. Nous avons eu des clashs de temps à autres, ici ou là, durant les vingt années d'existence de Down [rires]. Nous sommes tous les contributeurs principaux des projets que nous avons à côté, et quand nous entrons dans une salle avec Down, Phil est le leader. Nous avons compris. Il est celui qui a le plus de succès - et de loin, avec Pantera - et il est le chanteur. Il est très bon dans ce qu'il fait, les arrangements, la musique... Dans un groupe comme ça, tu dois laisser ton égo au vestiaire. Dans Crowbar, je suis le patron : ce que je dis doit être fait, c'est comme ça [rires], parce que je suis le membre fondateur et le dernier membre original. J'ai commencé cette merde en 1989, c'est mon groupe, j'écris 99% de la musique - même si Pat contribue énormément, il a beaucoup de riffs; Matt Brunson aussi a une paire de riffs sur le dernier album [Sever The Wicked Hand - 2011]. Down est un monde complètement différent. Je ne dirai pas qu'il y a de guerres d'égos, pas du tout.


K : Ce qui peut constituer un autre problème, c'est le manque de reconnaissance du Metal à la Nouvelle-Orléans, et plus précisément de votre contribution à la ville. Le ressens-tu ? Cela te gêne-t-il ?

KW : D'une certaine façon, oui. Il y a deux ans, nous avons gagné ce qu'ils appellent le Big Easy Award - parce qu'on surnomme NOLA la Big Easy - j'étais en tournée et Jimmy aussi mais Phil et Pepper y sont allés parce qu'on avait obtenu le titre de meilleur groupe de Metal ou je ne sais quoi. Nous avons une petite reconnaissance mais c'est si dur parce que la Nouvelle-Orléans a son propre son, sa propre scène - tu le sais, tu y as vécu, tu sais comment ça marche. Ils nous mettent un peu de côté, parce qu'on ne colle pas. Mais nous avons bien plus de succès que tous les groupes qui récoltent toute l'attention à la Nouvelle-Orléans. Crowbar, Eyehategod, et les autres groupes, nous n'avons aucun crédit parce que notre musique est différente. Mais ça ne nous gêne pas plus que ça, les fans savent ce que nous faisons et c'est tout ce qui compte.


K : Penses-tu mériter plus de reconnaissance ?

KW : Oui. Nous n'avons pas ce que nous méritons mais ça ne me gêne pas. Ce n'est pas notre objectif.


K : Autre sujet : regardes-tu Treme ? Ont-ils essayé de te contacter ?

KW : En fait, non, je n'ai pas commencé. J'aimerai regarder cette série. Je sais qu'ils parlent de Crowbar, tous le monde m'a contacté sur facebook pour me le dire, j'ai fais une apparition dans une scène de concert... Mais je n'ai vu aucun épisode. Est-ce uniquement sur HBO ?


K : Oui.

KW : Parce que je n'ai pas HBO. Je regarde peu la télévision. J'ai quelques chaines de sport pour regarder mes matchs de football, et c'est tout ce dont j'ai besoin. Je suis bien installé.


K : Veux-tu parler de Crowbar maintenant ?

KW : Oui, bien sûr, un petit peu.


K : Sever The Wicked Hand est sorti il y a presque un an et demi. C'est selon moi votre meilleur album. Es-tu d'accord ?

KW : Merci ! Oui, c'est celui qui est le mieux produit, j'y ai passé beaucoup de temps - plus de temps à écrire cet album que sur tous les autres, parce que nous avions décidé de faire une pause avec Down et je devais me concentrer quelques mois sur Crowbar uniquement. Je pense qu'il est aussi bon que n'importe quel autre album, mais il fait partie de mes favoris.




K : Comment le public a-t-il reçu l'album ?

KW : Très bien. La musique est bonne, les fans l'adorent. Je crois que c'est génial qu'un groupe qui a plus de vingt ans soit capable de sortir son meilleur travail, ou au moins aussi bon que ce qu'il a fait avant, au lieu de sortir n'importe quelle merde. Tu trouves ça ailleurs, comme ce nouvel album de Testament [Dark Roots of Earth] - non pas que je sois nécessairement un de leurs plus grands fans - mais quand je l'ai écouté je me suis dit : « Bon Dieu ! C'est aussi bon que tout ce qu'ils ont fait, voire meilleur ! » alors qu'ils sont là depuis toujours. Tu trouves beaucoup ce type de choses maintenant, et c'est bien, des groupes qui prolongent l'aventure, qui continuent leur carrière et qui arrivent encore à produire des albums de qualités, des chansons de tueurs. C'est génial !


K : Des idées pour le prochain album ?

KW : Pour Crowbar ? Non, pas vraiment, pas encore.


K : Réserves-tu des idées ou des riffs pour un groupe ou l'autre ?

KW : Parfois. Normalement, quand je compose, je me dis plein de fois « c'est un riff pour Down », ou au moins je le montre au reste du groupe. Ça dépend en fait. Je ne sais pas si tu es familier avec Kingdom Of Sorrow...


K : Je voulais y venir mais on risque d'être justes [la tour manageuse nous presse d'en finir].

KW : ... comme la chanson « God's Law In The Devil's Land » : bref, je montre le riff aux gars de Down, ils sont « mouais ». Alors je le montre aux gars de Crowbar, et ils me disent que ça sonne trop comme Down alors je le montre à Jamey Jasta [rires] et il dit « J'adore ». Et c'est parti ! Certaines choses sont écrites, à l'instar de « Misfortune Teller », comme des riffs pour Down ou Crowbar - tu vois, le riff d'introduction - et si on ne l'avait pas utilisé, je l'aurai pris pour Crowbar. Il y a d'autres chansons, comme « Only Deal In Truth », qui étaient pour Down et qui ont été rejetées. Ce n'est pas un problème. J'écris juste des riffs. Et si personne n'aime, on ne s'en sert pas; mais généralement, quelqu'un accroche.




K : La Nouvelle-Orléans te manque-t-elle, même si c'est une « pute mourante » ?

KW : Absolument. Tous les jours. Je suis allé de partout. J'ai vu quarante pays, la majorité des grosses villes dans le monde, et je ne voudrai pas vivre ailleurs.


Propos recueillis par Rémy Carras


http://reigninart.com/wp-content/uploads/2012/09/Down-Down-IV-Part-1-The-Purple-EP.jpg


Down IV - Part I The Purple EP (Down Records / Roadrunner Records) est maintenant disponible.
Down : web, fb, myspace.

commentaires
0  
snp011-w-ol-logo.jpg
Interview Teki Latex
14 06
2
festivalzoophoniq.jpg
Festival Zoophoniq #2
20 08
0
niktonsystem04.jpg
Aelpeacha - Val 2 Marne Riders 2
24 05
0
dhowveli.jpg
Changa Tuki
17 05
0