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« - 17h ou 21h30 ?
- 21h30. Je ne peux pas avant.
- Okay. »

Dans les faits, ce sera plutôt 22h bien tassées. Juste assez de retard pour se mettre bien avec quelques pintes, tirer quelques lattes sur la marie qui circule et avant d'attaquer le gros rouge qui tâche. Parce que les gars du Damn, ils sont comme ça, ils savent accueillir, même quand ils ne sont pas chez eux. En l'occurrence, les coulisses du Glazart ou les cinq comparses partageaient l'affiche avec les Canadiens de Never More Than Less et ZUUL-FX jeudi 18 octobre. Bref, juste assez pour que les langues se délient.


Kiblind : Votre nouvel album s'intitule Back To The Grindstone. Quelles sont les thématiques principales ?

Bij : Tu veux parler des textes j'espère. Alors à toi Renat' - et nous serions très content de l'apprendre nous aussi. Voilà, tu commences par la bonne question, d'entrée de jeu. Alors, ça parle de quoi ?

Renato : Back To The Grindstone est une expression qui signifie « retourner au charbon ». Donc je suis parti là-dessus pour tout l'album, le fait qu'il faille se dépasser, aller de l'avant en permanence, pour tout défoncer. Tout l'album est basé sur cette idée.

B : Donc autant le morceau 4 que le morceau 7, c'est la même chanson.

R : Exact ! J'ai fait un album concept.


K : Quelles sont les nouveautés par rapport à Old Days [2009] ?

B : A mon sens, il est plus lourd, plus Metal, alors qu'Old Days était très Rock.

R : Il est plus lourd, plus sombre, davantage dans une ambiance Crowbar. Avant, il n'y en avait pas trop, et là, il y en a.

Pich : Il est plus travaillé au niveau de la production, il est plus propre, plus soigné. C'est le niveau au-dessus.


K : Le temps écoulé entre les deux albums n'a pas été trop long ?

R : Si, bien sûr. On a été trop longs...

B : Je ne dirai pas que l'on a été trop longs, mais plutôt que ça s'est fait comme ça s'est fait : à notre rythme, à notre vitesse. Au début, on a commencé à composer, et ça a été très très long, très compliqué et beaucoup de morceaux sont passés à la trappe. Puis on s'est donné une date butoir et là, les morceaux se sont enchainés, et on a tombé quatre morceaux en deux mois juste avant l'enregistrement.

R : C'est ça. On s'est vraiment laissé le temps de le composer. Et finalement, quand on a regardé tous les titres que l'on avait, on a giclé un sacré paquet pour ne garder que les meilleurs : ce sont ceux qui sont sur Back To The Grindstone.


K : Il y a quelque chose de présent sur l'album que vous ne reproduisez pas en live : c'est le mellotron. Pourquoi ?

R : Tout à fait. Il nous faudrait soit un claviériste soit un sample qui tourne. Et jouer au clip, c'est pas notre délire.


K : Et ça ne manque pas, justement, sur le live ?

R : Je ne pense pas que ça manque sur le live vu que l'on mise tout sur la pêche, sur la fête et sur le fait de rentrer dedans, et se prendre un mellotron en live dans la gueule risquerait même de casser le délire. C'est très bien sur CD parce que ça arrange très bien, ça arrondit les angles - en plus, il est magnifique ce mellotron, il est fait par Sébastien Gramond qui est un super bon claviériste - mais je ne pense pas que ce soit une bonne idée de l'intégrer au live.

B : Il faut savoir que ces instruments là, et ces artistes là, sont à disposition, ce sont des amis, ils ont déjà touché au matériel, ils viennent chez Raphaël Cartellier, mais c'est difficile...

R : ... mais on sait très bien qu'un jour on va se faire un gros concert, qu'il va débarquer avec le clavier au cul et que ça va le faire, parce qu'il faut qu'on le teste.


K : Ce sera à la maison ?

R : Oh oui ! Ce sera à la maison ! C'est sûr, ça sera pas bien loin [rires].

B : Puis il nous faut le temps d'installer le matos ! [rires]

P : Et qu'on puisse rentrer à pied ! [rires]


K : Quand on s'est rencontré il y a un an et demi, vous étiez sur le point d'enregistrer. L'album ne sort que maintenant. Ce sont des délais qui sont longs également. Pourquoi autant de battement entre le moment où tu enregistres et celui où l'album sort enfin ?

R : D'abord, nous avions plusieurs plans pour le faire mixer et masteriser, des supers plans basés aux Etats-Unis. Le truc, c'est que ça avait pris vachement plus de temps et d'argent que prévu - on nous avait annoncé des tarifs qui n'étaient pas les bons, on avait des délais de six mois contre deux mois à la base... Alors déjà que l'on avait tiré six mois rien que pour avoir la réponse des types, on s'est dit que c'était vraiment trop et qu'il nous en fallait un rapidement et qui bossait très bien. C'est pour ça qu'on est allé chez Francis Caste à Paris. Et il a vraiment fait un boulot d'enculé.

B : On est très contents.

R : C'est pour cela que ça a pris autant de temps. Tout était bouclé, même l'artwork. Ce sont vraiment le mix et le master qui ont pris un temps fou.

B : On s'est pris six mois dans la gueule.


K : Quand aviez-vous fini d'enregistrer approximativement ?

B : En août de l'année dernière.

R : Août 2011. Et il est parti au mix et master fin janvier 2012...

B : Puis le truc, c'est qu'on ne voulait pas que ça sorte juste avant l'été, ni pendant. Il y a des dates un peu comme ça... Il y a la rentrée, ou la fin de l'année. Donc on voulait la rentrée. Puis il y a les festoches aussi : pour les débaucher, c'est mieux d'arriver avec un CD. Si tu ne l'as pas, ils ne te prennent pas.

R : En fait, tu ne dois pas dépasser mars. Après, tu es cramé pour les festoches de l'année en cours, et même pour ceux de l'année suivante car ton CD n'est plus d'actualité. Donc c'était un choix stratégique de le sortir à la rentrée scolaire.


K : Et comment faites-vous pour garder la foi sur cette durée ? N'y a-t-il pas un moment où, sur un espace d'un an, tu doutes ? Tu te demandes si l'album est toujours bon ?

P : Bien sûr ! Nous sommes comme ça en plus : nous passons notre temps à douter sur tout [rires]. C'est un peu pénible parce que tu connais déjà parfaitement les morceaux - avant même de rentrer en studio bien sûr, bien avant - donc au bout d'un moment ça commence à te gaver. Mais tout est relatif : une fois que tu l'as enregistré, tu le réécoutes, puis il est mixé, puis premier mastering, second... et ça te remet dans le truc. Et après, tu rentres dans la chauffe pour les tournées !

R : C'est ça. Mais dans tous les cas, on a jamais perdu la foi parce qu'on a continué de répéter, on a fait des concerts, on ne s'est pas mis à rien foutre en attendant que le CD sorte. On a quand même eu quelques dates - pas grand chose, une dizaine, une quinzaine dans l'année - mais ça a suffit pour qu'on garde la chauffe. Et d'ailleurs, ça nous a permis de roder les morceaux un par un en live, et de tous les essayer.

B : Ce que je voulais rajouter aussi, c'est que l'on a passé beaucoup de temps à faire les morceaux et que l'on s'est rapproché du produit fini. On arrive mieux à faire aujourd'hui ce que l'on avait envie de faire il y a un an. Aujourd'hui, nous avons vraiment les morceaux dans les pattes. Il y a un an et demi, tu nous aurais vu jouer, on était super rapides, trop rapides. On a d'ailleurs tourner un DVD le jour où nous jouions avec Eyehategod : tout filmer, on y a mis de l'argent, quelqu'un pour bosser dessus... et le jour où ce mec nous a montré le résultat, on lui a dit « désolé, mais on ne peut rien en faire de ce DVD » parce qu'on jouait trop comme des merdes. Alors que là, avec un an d'intervalle, on se rapproche des morceaux comme on les veut : la puissance, le côté un peu carré, mieux construit... Bon, vu que je suis le batteur, c'était un peu de ma faute : les morceaux, je les prenais à 200000 à l'heure.

R : Ah ! Ça fait plaisir à entendre !

P : Ouais, c'est de ta faute ! [rires]


K : Justement, après tout ce temps, l'album est-il encore d'actualité ? Vous avez pensé à d'autres chansons, le groupe à évolué, vous avez évolué aussi... Certains morceaux peuvent être dépassés par rapport à ce que vous ressentiez il y a un an...

R : Non, parce que l'on écrit pas des morceaux par passages. Un truc qui nous fait plaisir nous fera généralement plaisir jusqu'à la fin. Sur Old Days, il y a un paquet de morceaux que l'on ne peut plus écouter, mais il y en a un paquet aussi qu'on garde, qu'on continue de jouer...

B : Ouais, il y en a au moins trois...

R : Arrête ! Putain, on est en interview ! Faut faire gaffe à ce qu'on raconte ! Laisse moi raconter un peu...

B : Bon, bon. On efface ! [rires]

R : On déconne mais en vrai, nous sommes assez contents de ces morceaux parce qu'ils ne nous ont pas gavé et que l'on prend toujours plaisir à les jouer sur scène.

B : Puis ce sont des titres qui nous correspondent. Cet album là est plus personnel, chacun y a rajouté de sa personne. Du coup, on s'éclate. Moi, je m'éclate franchement à jouer cet album. On sait que l'on va vite devoir se remettre au boulot mais aujourd'hui-même, là, tout de suite, on est comblés. On bouffe ce que l'on a envie de bouffer.


K : Là, c'est votre meilleur album ?

P : A ce jour ? Si, si !

R : Oui.

B : Carrément ! Il est moins naïf je trouve. Old Days, c'était plus la fête, « tatata mouin mouin mouin ! ». Aujourd'hui, c'est plus puissant, ça cogne « poum poum tac poumpoum ».


K : A l'écoute, j'ai l'impression que tous le monde a progressé en même temps. Avez-vous bossé ? Certains ont-ils pris des leçons ?

B : On a beaucoup travaillé. Dans nos répét', on a commencé à architecturer...

R & P : Oh !!! Très bien ! Continue !

B : ... on fait des petits boulots, des petits ateliers régulièrement. Certains ont des points faibles - j'en fais partie - et on les bosse. Ça marche bien de bosser régulièrement, et on peut compter sur certains des autres membres pour souligner ce qui ne va pas [rires].

P : On se retrouve par « équipes ». Quand nous n'avons pas de concert, nous nous retrouvons au minimum une fois par semaine juste pour ce type d'ateliers, les deux guitares ensemble. Bij fait ça avec Charly pour la base rythmique. Au début d'une répétition, on se divise, puis on se retrouve tous quand on est chauds.

R : En même temps, c'est normal. Trois ans après... On a bossé pour, donc ça fait plaisir que tu le soulignes !

B : Oui, ça fait plaisir. Merci.


K : Je trouve cet album très couillu, avec des accents 90s très prononcés...

R : ... Nooooon !

P : Arrête !

B : Tu as vu les t-shirts, c'est ça ? [rires]


K : Ouais, il est très beau, je vais peut être l'acheter [rires]. Puis il y a toujours cette influence de la Nouvelle-Orléans, que l'on vous a souvent reproché - notamment pour Down. Mais il y a d'autres choses, que nous avons déjà évoqué : ce sont les riffs à la Crowbar ou encore le son du mellotron qui rappelle les orgues qu'on entend en concert là-bas. Comment justifiez-vous cela ? Comment passe-t-on de l'influence de Down à celle de Crowbar ?

P : De toute façon, on est fan des deux, on adore ça. Si ça te fait penser à l'un ou à l'autre, on ne le fait pas forcément exprès. Untel sonne comme Crowbar, un autre Down, c'est pareil, ça vient comme ça...

R : Quand on tombe sur un riff qui sonne bien comme un riff de Crowbar, on se dit « putain, on sonne comme Crowbar ! » [rires]

B : C'est ça. On s'en bat les couilles en fait, on fait les morceaux dont on a envie. Et si le riff est bon, qu'il nous fait plaisir, on le prend. Si quelqu'un arrive et dit « ça ressemble trop à machin ou à bidule », on s'en bat les couilles.

R : On te l'a dit il y a un an et demi, on te le répète : on en a toujours autant rien à foutre.

B : Bon, ça nous énerve. Il faut le dire. Parfois, ce sont des mecs qui arrivent, d'entrée de jeu : « c'est trop downien, c'est trop downien, c'est trop downien... ». Mais mec, écoute du Cannibal Corpse si tu veux, écoute du Hatebreed, et nous, on fait ce style. Alors forcément, à un moment donné, tu t'accroches aux meilleurs.

P : Puis il y a quand même pire comme compliment.


K : Ce sont vos influences principales. Puis il y a d'autres riffs, comme sur l'intro de « Legends Come Down From Us », qui est très Metallica.

R : Ouais. Mais ça, tu ne peux pas l'enlever non plus ! Absolument toutes les influences que l'on a depuis nos quatorze ans se retrouvent dans ce groupe. De toute manière, on a tout mis dedans, donc si tu retrouves un peu de tout ça, c'est évident.


K : Sur cet album, quelle est votre chanson préférée ?

R : « Legends Come Down From Us »

P : « Legends... »

B : Carrément ! On adore la jouer. Celle-là, quand on la joue, elle passe facilement.

P : Elle a un truc en plus.

B : Elle appuie.

R : Elle a un bon refrain.



K : C'est votre nouvel hymne après « Landing For My Pride » ?

B : C'est ça.

P : On espère que les kids vont suivre [rires]


K : C'est encore un peu tôt, mais avez-vous déjà eu un retour du public ?

B : Oui, on a deux sons de cloche. D'un côté, on a « ouais, c'est couillu, c'est bien, c'est génial »; et puis de l'autre « olala, c'est trop downien ».

R : En fait, on a exactement les mêmes reproches que sur le premier, qui curieusement reviennent alors que ce n'est pas la même teinte, pas la même orientation, et tu l'as très bien noté. Donc bizarrement, on a exactement les mêmes choses qui reviennent. Donc tu as soit tous ceux qui se rangent du côté « c'est trop Down, c'est vraiment trop Pantera, moi je n'en veux pas ! » puis tu as tous les autres qui sont super ouverts et qui arrivent à se dire « effectivement, c'est autre chose, ils ont progressé ». Il y en a même qui ont bien noté que l'on s'était détaché de Down sur cet album, comme toi. Et là, ça fait plaisir.


K : Cet album est le premier chez Ufo Records. Que pouvez-vous nous dire sur ce nouveau deal ? Qu'est ce que ça a changé pour vous, pour votre situation ?

R : ça change le pognon. Voilà ce que ça change. Ça change que nous, on investit moins de notre poche, que le boulot est fait quand on a pas du tout envie de le faire. C'est un label qui te prend en charge presque de A à Z, nous avions simplement à enregistrer. Derrière, le label a assuré : la promo, la sortie, la distribution... il a tout géré.

B : La tournée...

R : Euh... ce n'est pas le label qui a fait ça, mais il y est pour quelque chose.


K : Donc plus de confort.

R : C'est exactement ça.

B : Puis ils en veulent. C'est un label qui attaque.

R : Ce n'est pas un gros label, mais il mérite de grossir, parce que c'est franchement pas dégueulasse.

B : On est bien soignés, aux petits oignons. Ils prennent le temps de nous soigner, expliquer les choses, plutôt que d'envoyer le pack et attaquer tout de suite autre chose. Là, il y a un plan d'attaque et aujourd'hui, on est en plein dedans [rires].


K : Plus de confort. Mais est-ce aussi plus de pression ?

R : Pas du tout. On fait parti de leurs principaux groupes.

P : Mais on aurait bien aimé un peu plus de pression [rires].

R : Regarde, il me reste à peine une-demi bière [rires]. Qu'est ce que je disais ? Ah oui, ce n'est pas plus de pression.

B : Puis on bosse avec Nadège, elle est super cool avec nous. Elle adorait le groupe avant d'être en charge.

R : Elle s'investit à fond parce qu'elle aime la musique. C'est ce que je te disais tout à l'heure : on a presque réussit à trouver un deal parfait. C'est chacun sa part, et personne ne se fait enculer sur ce deal, contrairement à beaucoup, ne serait-ce que sur des labels moyens.

P : Puis on préfère privilégier le côté humain, les rapports sympas. Se faire bouffer la gueule dès le début pour essayer d'avancer, ce n'est pas notre délire. Là, ce sont des rapports qui s'inscrivent dans le temps, on a confiance.

B : Par exemple, la fin de la tournée, on va la fêter chez elle, on va se faire une grosse bouffe.


K : Justement, sur la tournée : ça se passe où ? Quand ? Est-ce en support comme ce soir ou bien vous avez des têtes d'affiches ?

B : En fait, ce n'est pas un support, on tourne tous ensemble, on s'aide les uns les autres.

R : C'était un plateau tournant. Ça fait une semaine et demi que l'on est parti, avec des concerts quasiment tous les soirs. On a fait pas mal de dates en région parisienne... Paris reste Paris, je ne vais pas m'étendre là-dessus mais le public n'est pas du tout le même qu'en Province. On a beau dire que « Paris, c'est de la tuerie », de ce que j'en ai vécu - et ça fait quatre dates à Paris-même ou autour - Paris, si tu n'es pas parisien, ça reste compliqué. Alors qu'en Province, tu peux venir de n'importe où finalement, les gens viendront aux concerts et feront la fête comme si c'était un groupe local.


K : Donc quelles sont les prochaines dates ?

R : Là, il n'y a plus grand chose. Bientôt Romans, hier on était à Grenoble.

B : Si, grosse date à Lyon, au Warmaudio, pour fêter la sortie de l'album, le 17 novembre.

P : Puis il y a pas mal de projets pour 2013.

R : Oui, rien de concret pour l'instant mais il y a une jolie petite tournée qui se monte pour mai, mais pas bien mieux.


K : Il y a les mois de Juin qui vous réussissent bien : Lamb of God, Eyehategod et le projet DVD, le Hellfest, Cannibal Corpse...

B : Attends, tu fais quoi là ? Tu veux nous porter la schkoumoune ? Non, mais c'est énorme ! Énorme !

R : Cette année, on peut te dire que l'on sera dans un festoche. Bon, le Hellfest, c'est un rêve de mioche, mais plus ça va, plus ça devient intouchable, ce putain de Hellfest.

B : Il y a un problème pour supporter les groupes français, ils n'ont pas les relations.


K : Et le prochain gros groupe pour lequel vous allez ouvrir ?

R : Il n'y a encore rien.

B : On est passé pas loin de Crowbar il y a peu.

R : Et on sera pas bien loin d'Eyehategod ! [rires] On verra bien.


K : Le DVD sur Eyehategod, c'est mort ?

B : Moi, je vais le faire. On a pas été très sérieux sur ce coup mais je vais en graver quelques uns parce que j'ai mis la pression à des potes pour qu'ils viennent foutre le bordel et j'aimerai qu'ils aient leur DVD. Donc oui, il y aura un truc, mais rien d'officiel, underground.


K : A l'origine, ça devait être inclus à la sortie de l'album ?

R : Tout à fait. Ça devait être inclus, mais franchement, je te le dis, vu ce qu'on a fait ce soir là, il faudrait être très fort rien que pour le donner. Le donner à un kid, c'est pas possible [rires].

P : Les morceaux sont trop rapides. Ça pourrait être marrant de le revoir et le comparer à la qualité de l'album.

R : En fait, nous n'avions pas encore enregistré, donc nous n'avions pas encore l'assise que l'on a sur les morceaux aujourd'hui.


K : Toujours sur les projets : combien de temps devrons-nous attendre avant un autre album ? Le délai sera-t-il aussi long ?

R : Non, on ne pense pas.

B : On va tâcher d'aller plus vite. Là, on est content de ce que l'on a, on estime qu'on l'a bien dans les pattes. Mais le but, c'est que dès mercredi, on attaque les nouveaux morceaux.

R : Là, on va jouer, on rentre de tournée et on s'y met. Mais on doit tourner cet album aussi, bien sûr.

B : Donc dans trois ou quatre ans... si on s'y met mercredi [rires].

P : Je crois que Charly n'est pas là mercredi.

R : Laisse tomber, déjà une semaine de retard !

P : Qu'est ce que tu veux ? Ils attendront ! On sortira un Best Of [rires].


K : Vue toute l'actualité du Damn, vos projets parallèles sont entre parenthèses ? Par exemple Bougalen.

R : Ouais, c'est mis de côté.

B : Quoi ?

R : Ouais, c'est le petit truc acoustique que je fais à côté. Mais tu vois, tous le monde n'est pas au courant apparemment [rires]. En ce moment, c'est God Damn, God Damn, God Damn. On a une date avec 314 la semaine prochaine pour l'ouverture du Klonosphère à Lyon. Et on s'était fait le Sylak il y a un mois. Mais voilà, en ce moment c'est le Damn, jusqu'à cet été et que l'on se soit taper des putains de festivals.


K : Et vous ?

B : Moi j'ai monté un groupe de reprise de Hardcore de New York avec des potes, 4 the Lions. Mais on a tous des projets principaux, on est deux à avoir des gamins, donc on ne répète que quand on a un concert. Mais c'est toujours la même set list, on a que des putains de tubes, donc on les a déjà dans les pattes. On arrive, une répèt' et on démonte tout et on se fait plaisir. On fait du Madball, du Biohazard, du Agnostic...

R : Ils arrivent, ils cassent tout et ils se barrent.

B : Voilà, on s'éclate. On va sortir tous les classiques Hardcore.

P : Et moi, ça fait quelques années que je n'ai pas d'autres projets à côté, mais pour l'instant c'est cool, ça ne m'intéresse pas.

R : La flemme ! [rires]


K : Un dernier mot à ajouter ?

R : Comme la dernière fois, tu poses ton interview et on va aller se fumer un pète.


Tous propos recueillis par Rémy Carras



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Back to the Grindstone (Ufo Records) est enfin disponible
God Damn : site, fb, myspace

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