Grottaglie est une petite ville italienne située dans la région des Pouilles (en haut du talon de la botte ritale). On y fait depuis bien longtemps des céramiques, a priori très réputées de l'autre côté des Alpes. Mais c'est aussi le terrain de jeu du FAME, un molto molto emozionante festival de graffitis et bien plus si affinités. Résumé de la situation en 3 mots: FAME IS FAME...
Parfois, on se retrouve très excité... Parce qu'on a lu le dernier post du Tag Parfait ou bien parce qu'on vient de tomber sur un gros gros bazar d'images qui font du bien aux yeux et à nos faims de découvertes... Dans la panoplie des envies contemporaines (du moins en ce qui concerne les miennes), il semble qu'il y ait celle d'un graffiti qui "dit" des choses, d'un espace public qui se raconte, s'amuse, interroge le quidam, le fait jouer à la marelle et regarder ses pieds pour mieux comprendre ce sur quoi son corps repose, ce par quoi il est soutenu. Puis il y a les interrogateurs, les personnes qui hybrident nos espaces urbains quotidiens pour transformer notre expérience de la ville.
Au FAME, les dessinateurs de marelles c'est eux (du sacré beau monde avec entre autres Alex Farto A.K.A VHILS, Blu, Swoon, 108, Aryz, etc.). Mais c'est bien nous qui sautons à cloche pied sur les petits carrés qu'ils dessinent avec des bombes de peintures, des perceuses, de la laine, de la colle, du plastique, etc... Le film INSITU d'Antoine Viviani nous l'a récemment fait comprendre: NOUS SOMMES les arpenteurs d'une ville qui n'a pas de « langue mère »; d'une ville hétérogène, d'un espace urbain complexe et enchevêtré. L'art sous toutes ses formes est en mesure de faire parler cette ville, de la faire exister. Il soutient son langage décentrée, son aspect fragile, fort, beau mais surtout vivant.
A Grottaglie, ville des céramiques, les marelles sont à l'honneur pendant ce mois de septembre. Et elles se déclinent en de multiples mouvements: balais, dentelles, céramiques, peintures, décollages, crottes, tissus, etc... Je suis rentré dedans via le labyrinthe de Brad Downey et A-Kay qui nous invite à suivre un fil en laine rouge...
Maintenant j'en suis à me demander ce qu'est un Labyrinthe... Sa paternité revient apparemment à la mythologie grecque et à Dédale, qui voulait y enfermer le Minotaure. Tracé sinueux, muni ou non d'embranchements, d'impasses et de fausses pistes, il vise à perdre ou à ralentir celui qui cherche à s'y déplacer. De nos jours, le terme de "labyrinthe" désigne une organisation complexe, tortueuse, concrète (architecture, urbanisme, jardins, paysages...) ou abstraite (structures, façons de penser...), où l'homme peut se perdre. Dans ce schéma dessiné par Dédale, on se perd, du moins on peine à suivre et à saisir l'intention du plan de l'architecte...
FAME apparait donc au moment où j'écris ces lignes tel un guide voir une école pour apprendre à sortir des labyrinthes en s'amusant. Une école de l'arpenteur-découvreur urbain en d'autres termes. "L'échelle" du lieu où se déroulent ses précieux moments reste raisonnable (20 000 habitants environ à Grottaglie) et la recette est simple: inviter une multitude d'artistes des quatre coins du globe (plus ou moins "street" si l'on cherche encore à typographier les arts) et créer l'espace d'une à quatre semaines une collaboration avec les artisans locaux. Les créations seront toutes exposées le 25 septembre dans une des plus vieilles usines de céramiques de la ville. Savoir(s) faire(s) local x Inspiration(s) d'ailleurs... j'en rêvait presque, FAME l'a fait...
Vite, allez voir leur site, à défaut de pouvoir vous rendre dans les Pouilles... Et puis remettez vous à dessiner des marelles...
Soirée d'ouverture le 24/11 à Grottaglie, Les Pouilles, Italie.